Kessel

Le Travail (1/2)

Un contrat social qui se fissure

Pragma
8 min ⋅ 27/05/2026

Le regard de la semaine

Chaque semaine je partage une de mes réflexions sur un sujet de société, d'une manière, je l'espère, la plus pragmatique possible.

Les semaines précédentes, nous avons parlé d’une nouvelle économie qui se développe, et de deux piliers (santé, d'éducation) d'une société d'abondance. Nous avons abordé les systèmes remarquables que la France a construits, systèmes qui se fissurent face à un monde qui change plus vite qu'eux.

Cette semaine, on touche au troisième pilier. Peut-être le plus fondamental.

Le travail.

Pas au sens économique (la productivité, les courbes de l'emploi), au sens social : le contrat implicite sur lequel toute la société française repose depuis 1945. Tu travailles, tu es protégé. Tu cotises, tu auras une retraite. Tu perds ton emploi, l'État t'indemnise. Tu tombes malade, la Sécu couvre. Tu veux te former, tu as des droits.

C'est ce contrat-là que l'IA est en train de fissurer. Pas en détruisant des emplois individuels, du moins pas encore massivement. Mais en rendant obsolète la logique sur laquelle tout le système repose.

Un système bâti pour un monde de CDI industriels à vie, dans un monde qui devient celui des reconversions permanentes, des travailleurs de plateforme, et des tâches automatisables à 30%.

Aujourd'hui, nous allons voir comment ce modèle a été construit, pourquoi il a fonctionné, et pourquoi l'IA le met sous tension. La semaine prochaine, nous aborderons ce qu'il devrait être fait pour s’adapter.


Un modèle dont on peut être fiers

Il faut commencer par là, parce qu'on l'oublie trop souvent dans le débat français.

En 1945, la France sort de six ans de guerre, d'Occupation et de collaboration. L'économie est détruite, la société fracturée. Dans ce contexte, un groupe d'hommes et de femmes issus de tous les horizons politiques (gaullistes, communistes, socialistes, démocrates-chrétiens) se réunissent pour écrire le monde d'après.

Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), adopté en mars 1944, est l'un des textes fondateurs de la France moderne. En quelques pages, il pose les bases de quasi tous nos acquis sociaux :

  • La Sécurité sociale : maladie, maternité, accidents du travail

  • Les retraites par répartition : les actifs financent les retraités

  • Le droit syndical renforcé

  • Des droits du travail étendus

Le contexte est essentiel pour comprendre la logique. Ils ne construisent pas un système abstrait. Ils répondent à une réalité concrète et brutale : avant 1945, un ouvrier malade pouvait mourir de faim. Une personne agée sans famille mourait dans la misère. L'employeur avait tous les droits. La maladie, la vieillesse, le licenciement, tout cela était un risque individuel, supporté seul.

Le CNR décide que ces risques seront collectifs. C'est une décision de civilisation.

Et elle a fonctionné. Pendant trente ans (les Trente Glorieuses, 1945-1975) la France connaît une croissance de ~5% par an, un chômage structurellement bas, une expansion industrielle sans précédent. Le ratio actifs/retraités est favorable : il y a beaucoup de cotisants pour peu de bénéficiaires. Le CDI devient la norme. Le modèle tient ses promesses.

La France de 1975 est une société où un ouvrier de Renault peut nourrir sa famille, partir à la retraite à 65 ans, soigner ses enfants sans se ruiner, et transmettre un logement. Ce n'est pas rien. C'est même, à l'échelle de l'histoire humaine, quelque chose d'extraordinaire.

Ce modèle, on peut en être fiers.

Mais il faut être lucide : il se fissure. Profondément. Et l'IA va accélérer ces fissures à une vitesse que le système n'est pas conçu pour absorber.


Comment le modèle a vieilli

Les Trente Glorieuses s'arrêtent avec le choc pétrolier de 1973. La croissance ralentit. Le chômage apparaît, pas comme un phénomène transitoire, mais structurel. Et c'est là que le problème commence.

Le modèle du CNR a été conçu pour un monde de plein emploi quasi permanent. Le chômage, dans l'esprit de ses concepteurs, c'est le temps entre deux emplois: quelques semaines, quelques mois. L'assurance chômage est calibrée pour ça : une indemnisation courte, le temps de retrouver un poste dans le même secteur.

Quand le chômage devient de masse (8%, 9%, 10% à partir des années 80) le système n'est plus adapté. On le rafistole. On multiplie les dispositifs. On allonge les droits. On crée des préretraites, des contrats aidés, des formations de masse. Mais on ne change pas la logique.

Les réformes des retraites qui suivent (1993, 2003, 2010, 2023) ont toutes la même structure : allonger la durée de cotisation et reculer l'âge de départ pour faire face au vieillissement démographique. Elles repoussent l'échéance sans jamais poser la question de fond : est-ce que le système par répartition est soutenable dans un monde où l'automatisation réduit la masse salariale cotisante ?

La réforme des 35 heures en 2000 essaie une autre réponse : si le travail disponible se raréfie, partageons-le. L'intuition n'est pas fausse. Mais elle arrive dans un monde où la productivité n'a pas encore explosé, elle anticipe l'abondance de productivité que l'IA va réellement créer deux décennies plus tard.

Et pendant ce temps, un phénomène plus discret émerge : l'essor des plateformes numériques dans les années 2010. Uber, Deliveroo, Amazon Flex. Des millions de travailleurs qui exercent une activité économique réelle, mais hors du système de protection. Ni CDI, ni droits à l'assurance chômage, ni cotisations retraite complètes. Le modèle du CNR ne les voit pas, ils n'existent pas dans ses catégories.

En 2026, on estime à 3 millions le nombre de travailleurs en situation précaire ou sur plateforme en France à la marge du système de protection : sans assurance chômage réelle, sans protection accidents du travail, avec des droits à la retraite très faibles. Le contrat du CNR couvre de moins en moins bien le monde du travail réel. C'est dans ce contexte fragilisé qu'arrive l'IA.


L'impact de l’IA, acquis par acquis

L'erreur serait de penser l'IA comme un phénomène unique et uniforme. Elle ne va pas "détruire le travail", elle va transformer certaines tâches dans certains métiers à des vitesses différentes.

McKinsey (2024) estime que 30% des tâches actuellement effectuées en France sont automatisables d'ici 2030. Ce ne sont pas 30% des emplois, mais des fragments de presque tous les emplois. Un médecin voit 30% de ses tâches administratives automatisables. Un comptable, 60% de ses tâches. Un conducteur de poids lourd : d’abord quelques tâches administratives, puis, quand les camions autonomes seront déployés à grande échelle, le métier lui-même, intégralement. Ce que ça change, c'est la nature du chômage. Jusqu'ici, perdre son emploi signifiait : trouver un emploi similaire dans le même secteur. Désormais, pour une part croissante des travailleurs, cela signifiera : se reconvertir profondément dans un autre métier. Et notre système n'est pas du tout conçu pour ça.

Passons chaque acquis en revue.

Le CDI et la protection de l'emploi

Le CDI est le contrat "normal" en France. Licencier coûte cher: indemnités légales, procédures, risque prud'homal. L'idée sous-jacente : l'employeur s'engage durablement, le salarié est protégé dans sa durée.

Cette logique repose sur une hypothèse implicite : le poste existe tant que l'entreprise est en bonne santé. Si l'entreprise va bien mais que le poste disparaît, le droit du licenciement économique s'applique difficilement, il est conçu pour les fermetures d'usine, les plans sociaux, les restructurations massives.

L'IA crée une situation nouvelle : elle rend des fonctions obsolètes sans menacer les entreprises qui les hébergent. Un service entier de traitement comptable peut être remplacé par un outil: l'entreprise va bien, les salariés n'ont plus de raison d'être dans leur rôle actuel. Ce n'est pas un licenciement économique classique. C'est une obsolescence diffuse et continue de compétences.

Il y a 2,4 millions de salariés en France dans des métiers de bureau classifiés à risque élevé d'automatisation dans les 5 prochaines années : saisie, traitement de données, comptabilité de base, assistance juridique standardisée, support client scriptable.

Ces personnes ont des CDI. Leurs CDI ne les protègent pas contre l'obsolescence de leur rôle. Elles seront licenciées économiquement (légalement, correctement) et se retrouveront avec une indemnité et la nécessité de se reconvertir dans un monde qu'elles ne connaissent pas encore.

Le CDI protège contre le licenciement arbitraire. Il ne protège pas contre l'obsolescence.

L'assurance chômage

L'assurance chômage française est conçue pour des chômages courts et cycliques. La logique originelle : tu perds ton emploi, tu es indemnisé le temps de retrouver un poste équivalent dans ton domaine. Durée maximale d'indemnisation : 18 mois (24 mois pour les plus de 53 ans).

Cette logique fonctionne quand le chômage est conjoncturel: une récession, une fermeture d'usine locale, un secteur en crise temporaire. Tu attends, le marché repart, tu retrouves.

Elle ne fonctionne pas quand le chômage est structurel et sectoriel: quand ton métier n'existe plus, ou n'existera plus dans 3 ans. Une reconversion réelle, d'assistant comptable à infirmier, de téléconseiller à développeur, de caissier à technicien de maintenance, prend 2 à 3 ans. C'est incompressible : il faut apprendre, pratiquer, obtenir des certifications, trouver un premier emploi dans le nouveau domaine.

18 mois ne suffisent pas. Et quand les droits sont épuisés, on bascule sur le RSA, un filet de dernier recours, pas un dispositif de reconversion.

Voici le chiffre qui devrait alerter tout le monde : aujourd'hui, seulement 43% des chômeurs en France sont indemnisés par l'Unédic. Les autres, soit leurs droits sont épuisés, soit ils n'en ont jamais ouverts (travailleurs de plateforme, premiers entrants sur le marché du travail, auto-entrepreneurs contraints). Le filet a déjà des trous énormes. L'IA va pousser encore plus de monde dedans.

Le SMIC

Le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (1 801,80 € brut mensuel en 2026) est une protection contre l'exploitation salariale. Quelle que soit ta compétence, ton secteur, ton employeur : tu as droit à un minimum décent. C'est une idée simple et juste.

Mais voilà le problème : le SMIC protège contre un employeur qui voudrait te payer 3 € de l'heure. Il ne protège pas contre un employeur qui te remplace par un algorithme ou un robot à 50 €/mois.

La menace historique pesant sur les travailleurs peu qualifiés était l'exploitation: être payé moins que sa valeur. La menace qui arrive est la substitution: être remplacé par quelque chose de moins cher et plus performant.

Le paradoxe cruel : les emplois au SMIC concentrent précisément les tâches les plus automatisables. Caisse de supermarché, saisie de données, tri postal, téléconseiller scriptable, service standardisé. Ce sont les tâches que les IA actuelles exécutent déjà bien: mieux, plus vite, sans pause ni arrêt maladie.

Nuance importante : tous les emplois au SMIC ne sont pas menacés. L'aide à domicile, l'artisanat de proximité, la restauration humaine… ces métiers ont une composante relationnelle et physique que l'IA ne peut pas encore reproduire. Mais l'emploi de bureau au SMIC, lui, est très exposé.

Le SMIC est en train de devenir le salaire des emplois en sursis.

Les 35 heures

La loi Aubry de 2000 est sans doute l'acquis social le plus débattu de la politique française moderne. Réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires : certains y voient une erreur économique, d'autres une avancée sociale majeure.

L'intuition d'origine était juste : si le travail disponible se raréfie, on peut le partager pour que plus de personnes y accèdent. La logique du partage est cohérente. Le problème, c'est que le travail ne s'est pas raréfié comme prévu dans les années 2000: la croissance des services a absorbé une grande partie de l'automatisation industrielle.

Avec l'IA, la logique du partage devient soudain beaucoup plus pertinente, mais dans un contexte radicalement différent.

Si l'IA multiplie la productivité individuelle par 3 à 5 dans certains métiers (ce qui est déjà documenté chez les développeurs, les juristes, les consultants, les créatifs), la question du temps de travail devient philosophique, et non plus économique. Travailler 35 heures à productivité ×3, c'est produire l'équivalent de 105 heures de travail pré-IA. Qui bénéficie de ce gain ?

L'entreprise, via les profits ? Le salarié, via moins d'heures au même salaire ? La société, via la redistribution fiscale ?

C'est une question de choix collectif, pas de mécanique économique. Aujourd'hui, la réponse implicite est : l'entreprise. L'IA augmente les marges. Les salariés travaillent toujours 35 heures. Les gains de productivité ne sont ni redistribués en temps, ni en salaire.

La fissure des 35h, c'est qu'elles sont une règle uniforme dans un monde où la productivité IA va être extrêmement inégale selon les secteurs et les métiers. Un règle conçue pour homogénéiser le temps de travail ne peut pas s'adapter à cette hétérogénéité croissante.

Les retraites

C'est ici que le risque est le plus systémique.

Le système de retraites français est un système par répartition : les actifs d'aujourd'hui financent les retraités d'aujourd'hui. Ce n'est pas un compte épargne individuel, c'est un contrat entre générations. Les jeunes paient pour les anciens, avec la promesse que les suivants feront de même.

Ce contrat repose sur un ratio : le nombre d'actifs cotisants divisé par le nombre de retraités bénéficiaires.

  • 1960 : ~4 actifs pour 1 retraité

  • 2024 : ~1,7 actifs pour 1 retraité

  • 2050 (projection démographique) : ~1,3 actifs pour 1 retraité

Toutes les réformes des retraites depuis 30 ans essaient d'améliorer ce ratio par le haut, en faisant travailler les actifs plus longtemps. C'est la logique de la réforme de 2023 : reculer à 64 ans pour augmenter le nombre de cotisants.

Mais ces réformes ignorent une menace par le bas : et si la masse salariale cotisante diminuait non pas parce que les gens travaillent moins longtemps, mais parce qu'ils sont remplacés par des machines qui, elles, ne cotisent pas ?

Le système est financé par des cotisations assises sur les salaires. Si l'IA réduit la masse salariale, en remplaçant des emplois, ou en pesant sur les salaires des emplois qui restent, les recettes baissent mécaniquement. Pendant ce temps, le nombre de retraités continue d'augmenter.

Les retraites représentent 14,5% du PIB français, le poste le plus lourd de toute la dépense publique. Une baisse de 10% de la masse salariale cotisante représenterait environ 30 milliards d'euros de recettes en moins chaque année.

Il n’y a pas besoin que l’IA remplace 100% des emplois pour qu’il y ait un problème.

La réforme de 2023 a été conçue pour un problème démographique réel. Elle n'a pas été conçue pour un problème d'automatisation. On a repoussé l'âge de départ dans l'hypothèse que les humains travailleront massivement jusqu'à 64 ans. C'est une hypothèse de plus en plus fragile.

La formation professionnelle (CPF)

Le Compte Personnel de Formation est le seul de nos acquis sociaux qui ait été conçu, dès le départ, pour l'adaptation plutôt que pour la protection. Chaque salarié cumule environ 500 €/an de droits à la formation (800 € pour les non-qualifiés), utilisables librement pour se former à ce qu'il choisit.

L'idée est bonne. Radicalement bonne, même : tu n'attends pas de perdre ton emploi pour te former, tu anticipes.

Mais trois problèmes structurels le rendent insuffisant pour ce qui arrive :

Le montant est trop faible. Une vraie reconversion (infirmier, développeur, technicien) coûte entre 5 000 et 20 000 euros et prend 18 à 36 mois. Avec 500 €/an accumulés depuis quelques années, tu finances un bilan de compétences. Pas une reconversion.

L'offre est mal ciblée. Depuis la création du CPF en 2019, 6,7 millions de formations ont été financées. Plus de 50% concernent des permis de conduire, des bilans de compétences ou du coaching professionnel. Des formations utiles, mais qui ne correspondent pas à la reconversion vers les métiers en tension que le pays va avoir besoin de faire massivement.

Il est sous-utilisé par ceux qui en ont le plus besoin. Les cadres, déjà mobiles et informés, utilisent le CPF. Les peu qualifiés, les ouvriers, les travailleurs âgés, ceux dont les métiers sont les plus exposés à l'automatisation, utilisent très peu ce droit. Pas par manque de volonté, mais parce que naviguer dans le système suppose une familiarité avec les institutions que tout le monde n'a pas.

L'outil existe. Mais il est mal calibré pour l'ampleur de la transformation qui arrive.


Le modèle n'est pas mauvais, il est juste daté

Il faut résister à la tentation de conclure que le modèle français est un échec. Ce serait faux, et ce serait injuste envers ceux qui l'ont construit.

Le modèle du CNR a été conçu pour des risques précis, dans un monde précis : la maladie, la vieillesse, le licenciement conjoncturel, dans un monde d'emplois industriels stables et de croissance prévisible. Pour ces risques-là, dans ce monde-là, il a fonctionné remarquablement bien.

Le problème n'est pas la philosophie, protéger collectivement les individus contre les risques que le marché fait peser sur eux. Cette idée est juste aujourd'hui comme elle l'était en 1944.

Le problème, c'est l'implémentation : des institutions construites pour un monde qui disparaît, appliquées à un monde qu'elles ne reconnaissent pas. Un CDI qui protège le contrat mais pas la compétence. Une assurance chômage calibrée pour des mois, pas des années. Un SMIC qui combat l'exploitation mais pas la substitution. Des retraites financées par des salaires dans une économie qui va produire de moins en moins de salaires.

L'IA ne va pas détruire le travail. Elle va détruire le type de travail sur lequel tout notre système de protection repose. Et si on ne change rien, ce ne sont pas les robots qui vont laisser les gens sans filet, c'est notre incapacité à adapter nos institutions.

La bonne nouvelle : les solutions existent. Elles ne sont pas toutes nouvelles, elles sont simplement peu appliquées en France. D'autres pays les ont essayées, certaines fonctionnent remarquablement bien.

On en parle la semaine prochaine.


La reco de la semaine

Chaque semaine, je recommande une œuvre, un livre, un film ou une expérience qui m'a fait réfléchir.

The Second Machine Age — Erik Brynjolfsson & Andrew McAfee (2014).

Douze ans après sa publication, ce livre reste la référence empirique sur l'IA et l'emploi. Les deux économistes du MIT posent la thèse avec une clarté rare : l'automatisation va créer de l'abondance et des inégalités, simultanément. La technologie n'est pas neutre socialement. Elle amplifie ce qu'on décide d'en faire.

Leur conclusion, souvent oubliée dans les débats catastrophistes ou techno-optimistes : les gagnants de la deuxième ère des machines seront ceux qui complètent les machines, pas ceux qui leur font concurrence. Traducteur automatique vs traducteur humain qui utilise l'IA pour travailler 5× plus vite. La différence n'est pas technique, elle est stratégique.

Ce qu'ils n'avaient pas vu en 2014, et qui change tout aujourd'hui, c'est la vitesse. Les modèles de langage comme GPT-5 ou Claude ont comprimé en quelques années une transformation qu'ils projetaient sur deux décennies. Mais leur cadre d'analyse reste le meilleur disponible pour penser ce qui arrive.


Voilà, c'est terminé pour cette semaine.

On a parlé du contrat social qui structure la France depuis 1945, pourquoi il a été construit, pourquoi il a fonctionné, et où l'IA le met sous tension acquis par acquis.

La semaine prochaine, partie 2. Ce qu'on devrait faire: les réformes concrètes, les modèles qui fonctionnent ailleurs, et la vision de ce que pourrait être le travail dans une société d'abondance.

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Si vous n'êtes pas d'accord, dites-moi pourquoi, c'est comme ça qu'on progresse.

À la semaine prochaine.

Pragma

Par Pierre Merzeau